NAT Géologie (1) Bon à savoir avant d’aborder ce sujet passionnant

Couches géologiques à Grez-Doiceau

Tâchons de comprendre la merveilleuse histoire des couches géologiques sur lesquelles nous nous baladons en empruntant le CCR (Circuit Chapelle Robert à Pécrot).

Une « unité » à retenir : Ma = million d’années… soit 500 fois notre calendrier (depuis la naissance de Jésus Christ). 

En guise d’introduction, retenons cette phrase mnémotechnique pour nous souvenir des GRANDES PÉRIODES GÉOLOGIQUES :
Cite Ce Joli Truc Pour Connaître Des Siècles Ordonnés Correctement.
La première lettre de chacun de ces 10 mots correspond à la première lettre des périodes géologiques, appelées « Systèmes » (sauf la première) et dont nous connaissons tous le Jurassique… raconté par Steven Spielberg dans son film « Jurassic Park ».
Ces 10 périodes sont les suivantes :
Cénozoïque, Crétacé, Jurassique, Trias, Permien, Carbonifère, Dévonien, Silurien, Ordovicien, Cambrien.
A la grosse louche, les sept premières périodes ont duré 60 Ma et les trois dernières 40 Ma ; on peut donc (à peu près!) « dater » le début de chacune de ces périodes géologiques comme suit :
Cénozoïque=60Ma,
Crétacé=120Ma,
Jurassique=180Ma,
Trias=240Ma,
Permien=300Ma,
Carbonifère=360Ma,
Dévonien=420Ma,
Silurien=460Ma,
Ordovicien=500Ma,
Cambrien=540Ma.

±500 Ma, c’est ±1/10 de l’âge de la Terre et du Soleil, qui a lui-même ±1/3 de la l’âge de l’Univers, datant du Big-Bang.

Tant qu’on y est, retenons un autre « mot mnémotechnique » pour comprendre le principe de SUBDIVISION DES PÉRIODES GÉOLOGIQUES : « ESSEForMe« . Chaque majuscule y définit des époques de plus en plus courtes (« les plus courtes » pouvant s’étendre sur des millions d’années) :
E=Ères (I. Paléozoïque (±300 Ma), II. Mésozoïque (±180 Ma), III.+IV. Cénozoïque (±60 Ma)), qui se divisent en S=Systèmes,
S=Systèmes (±60 Ma) qui se divisent en S=Séries,
S=Séries qui se divisent en E=Étages,
E=Étages, qui se divisent en For=Formations,
For=Formations, qui se divisent en Me=Membres,
Me=Membres… dont on ne parlera pas ici.

Couches géologiques à Grez-Doiceau :

Cette figure présente les couches géologiques sous nos pieds, à savoir et en partant des plus anciennes :
– Ère Primaire : Étage Blanmont (il y a ±500 Ma),
– Ère Secondaire : Formation Gulpen (80 Ma) + Étage Maastrichtien (70 Ma) datant tous deux du Crétacé, à la fin de l’ Ère Secondaire,
– Ère Tertiaire : Formation Hannut (il y a ±65 Ma), Formation Kortrijk (60 Ma) et Étage Bruxellien (50 Ma),
– Ère Quaternaire : Couche de loess (limon) d’il y a « seulement » 20.000 ans et Alluvions Modernes le long des rivières, dont la Dyle à Pécrot.

Imaginons que nous puissions creuser le sol sur des dizaines de mètres de profondeur ; on tomberait sur les couches suivantes (du plus haut au plus profond) :

  • Une couche d’Alluvion MOderne (le long de la Dyle) = AMO.
  • Une couche (épaisse de quelques décimètres) de limon (ou loess) apparente dans les champs agricoles, datant de la dernière glaciation d’il y a ±25.000 ans (Würm).
  • Une couche (épaisse de quelques décamètres) de sable d’il y a ±50 Ma (50.000.000, soit deux mille fois plus vieux que le loess !) = Étage Bruxellien = BXL.
  • Une couche argileuse = Formation Kortrijk (faisant partie de l’Étage Yprésien) = KOR.
  • Une couche de sable = Formation Hannut (faisant partie de l’Étage Landénien) = HAN.
  • Une couche de craie = Étage Maastrichtien puis une autre couche de craie = Gulpen (faisant partie de l’Étage Campanien). Ces deux couches (Gulpen + Maastrichtien) sont représentées par l’abréviation GM.
  • Le soc datant du Cambrien, sur lequel reposent toutes les couches ci-dessus = Étage Blanmont = BLM.

Ces différentes couches sont encore énumérées comme suit : Bruxellien,, Ypresien (Étage de la Formation Kortrijk), Landénien (Étage de la Formation Hannut) , Maastrichtien, Campanien (Étage de la Formation Gulpen), Cambrien (Système de l’Étage Blanmont). (Tout cela demande un peu d’exercice, on en convient… Sans compter que la règle veut qu’on mentionne d’abord les couches les plus anciennes, contrairement à ce qu’on vient de faire. Mais en « lisant » tout en regardant l’illustration… c’est plus compréhensible.)

Voici donc les couches sur lesquelles nous nous promenons THÉORIQUEMENT !!

« THÉORIQUEMENT »… bien sûr !! Car certaines d’entre elles ont des millions, voire des dizaines de millions… et même des centaines de millions d’années. Durant tout ce temps, on peut imaginer combien d’évènements se sont produits, comme l’érosion par les fleuves, par le vent etc. Si bien qu’à certains endroits, un couche, même si elle a pu exister à une certaine époque, peut avoir totalement disparu.

Le long du CCR (Circuit Chapelle Robert à Pécrot), on est essentiellement sur du Bruxellien dans la plaine de Pécrot-Bossut et sur de l’alluvion dans la vallée de la Dyle. A un endroit de Grez-Doiceau, nommé « Les Monts » à Archennes, toutes les couches que nous venons de mentionnées sont présentes. Pour rappel, la couche de « loess » n’est pas reprise sur les cartes géologiques… parce que (presque) omniprésente dans le pays.

Bibliographie : https://www.gelura.be/ccr/ccr1/ccr1-his-bibliographie

Commentaires, amendements … ? gelura@proximus.be, M.-Ch. & J.-Fr. Misonne, https://www.gelura.be/ccr/