NAT Géologie (3) Une véritable manne venue du ciel

Question : Comment pouvons-nous avoir de si bonnes terres agricoles en Belgique, sur des substrats tels que la craie, l’argile ou le sable ?

http://www.researchgate.net/figure/World-distribution-of-loess-Modified-after-Pye-1984-and-Li-and-Qian-2018a_fig1_329449258

Lire d’abord: https://www.gelura.be/ccr/ccr-0/ccr9-nat-geologie-1-bon-a-savoir-avant-daborder-ce-sujet-passionnant et https://www.gelura.be/ccr/ccr-0/ccr9-nat-geologie-2-la-fabuleuse-histoire-du-sol-que-nous-foulons

Nous avons vu que sur une centaine de mètres en-dessous de nos pieds, il existe six strates géologiques constituées comme suit, partant de la couche la plus profonde : socle de base, craie (2 couches), sable, argile et enfin une épaisse couche de sable, le Bruxellien, presque omniprésente à Grez-Doiceau).
Sur la carte ci-dessus sont colorés en jaune les zones parmi les plus fertiles au monde. Il apparait d’une part qu’elles ne sont pas très nombreuses, et d’autre part que la Belgique, et notre région en particulier, fait partie de cette zone limoneuse si fertile. (Tout comme l’Ukraine, véritable « grenier du monde ». Ou encore une partie de la Chine… mais dans ce cas, le manque d’eau est un facteur limitant.)
Comment se fait-il que notre région sablonneuse, ou celle crayeuse hesbignonne ou celle plus argileuse à l’ouest, soient si fertiles ? C’est grâce à la couche N°7.

N°7 (Loess) : C’est ici que s’opère un véritable « miracle » pour nous. Une « manne » venue du ciel. Il n’y a pas si longtemps du tout, vers 25.000-10.000 ans (époque ±50 mille fois « plus jeune » que notre socle de Blanmont), un immense glacier, appelé Würm, s’étend de l’Irlande à la Sibérie et de la Scandinavie au Sud des Pays-Bas, sur 3.000 m de haut (hauteur d’une fameuse montagne suisse).
Au Sud, il ne va pas au-delà de Breda et ne couvre donc pas la Belgique (c’est pour cela qu’on parle de notre période « périglaciaire » et non « glaciaire »).
Ce glacier effectue des va-et-vient au rythme des hivers les plus froids et des étés « moins froids », « râpant » la roche sous-jacente. Cet effritement engendre des fines particules que des vents violents charrient vers nos contrées. Les particules les plus épaisses (du sable), plus « lourdes » se déposent les premières, couvrant la Flandre de sable (moins fertile). Et les particules plus fines (du limon et du calcaire), plus « légères » se déposent plus au Sud et recouvrent nos trois fameuses couches (craie = Étage Maastrichtien, argile = Étage Yprésien = Formation Kortrijk ou sable = Étage Bruxellien), d’un bon limon, encore appelé « loess » (comme le mot néerlandais « los ») parce que transporté par le vent et non par l’eau. Ce loess est la source de nos bonnes terres arables. C’est la strate n°7=Loess. Sans ce glacier du Würm, nous cultiverions des terres beaucoup moins fertiles. Eh oui… cette dernière époque glaciaire a donc été particulièrement propices à notre agriculture.
Remarquons que cette couche de limon, si elle est parfois épaisse de plusieurs décimètres, peut ne faire qu’une vingtaine de cm ailleurs : belle leçon d’humilité pour notre agriculture, qui ne devrait pas s’estimée à l’abri de conséquences fâcheuses en n’étant pas attentive au problème d’érosion de ses terres arables.

N°8 (AMO) : La dernière couche, uniquement dans la vallée, provient des débordement de la Dyle, qui dépose des sédiments de sable, de vase, d’argile… C’est ce qu’on appelle les Alluvions modernes, symbolisés par AMO. C’est la strate n°8=AMO.

Bibliographie : https://www.gelura.be/ccr/ccr1/ccr1-his-bibliographie

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