NAT La bécasse des bois

Nom latin : Scolopax rusticola. Nom flamand : houtsnip.
Famille. Scolopacidae.
Autre nom vernaculaire français : « La belle mordorée », mot issu de deux mots : ‘maure’*  = « noir », et « doré », caractérisant son plumage « noir et doré ». Il n’existe pas de dimorphisme sexuel, c.‑à-d. que les plumages du mâle et de la femelle sont sont identiques.
*Maure (<Mauritanie) et sarrasin sont deux dénominations par lesquelles le français a nommé autrefois des populations du pourtour méditerranéen. Rappelez-vous du film « Les Visiteurs » et de la réaction de « Jacouille la Fripouille » en voyant le facteur sortant de sa fourgonnette Renault 4L de La Poste☺)

La bécasse des bois. Alias « la belle mordorée », qualificatif justifié par ses couleurs noires et dorées. (Photo M-Ch & J-Fr Misonne)

Apparence et mœurs. Elle a la taille d’une perdrix et sa rondeur est accentuée par sa très courte queue. Basse sur pattes, son plumage se confond parfaitement avec la litière des feuilles mortes dans les sous-bois forestiers.
C’est un oiseau nocturne qui sort des fourrés pour se rendre dans les prairies voisines et les marais, pour y pâturer.
Son vol est très rapide, souvent en zig-zag entre les arbres.

Alimentation. Quelle ne fut pas notre surprise, mêlée à du ravissement, lorsque nous l’avons aperçue au bord de notre petite pièce d’eau à Pécrot, le 09.02.2021. Après s’être désaltérée, elle s’est promenée tranquillement dans la pelouse, à la recherche de vers de terre, qu’elle attire à la surface par son piétinement saccadé, et qu’elle capture grâce à son très long bec. Elle sent ses proies enfouies dans le sol par le toucher.

Bécasse à la recherche de lombrics. (Photo M-Ch & J-Fr Misonne)

Vue. Ses yeux, placés sur le côté de la tête, lui permettent de surveiller les alentours ; elle voit en effet à 360°.

Le temps des amours. Les bécasses sont solitaires, voire insociables. Elles n’entrent en contact avec leurs congénères qu’à l’époque des amours. À l’époque des migrations, le mâle recherche une partenaire à la tombée de la nuit ou au lever du jour, en lançant un cri d’amour. Dès mars, il se livre à des manifestations nuptiales en vol ; c’est ce qu’on appelle la « croule ». La femelle, restée au sol, répond à son appel. Le mâle émet de curieux cris, bas et sourds : « quorr quorr quorr » (d’où le nom de « croule ») alternant avec des cris très aigus perceptibles à 500 m : « psssip » (cf. NAT Comment reconnaitre les chants d’oiseaux). Cette parade porte donc le nom de « croule », issu de ce cri. L’oiseau reste muet durant dix mois de l’année, pour entrer en vocalises de mars à mai.

Nidification. Une minorité de bécasses est sédentaire et niche en Europe de l’ouest, alors que les populations beaucoup plus nombreuses de Scandinavie et de Russie migrent pour nicher chez nous. La femelle construit un nid au sol avec des herbes sèches, entremêlées de bouts de bois. Elle pond, une à deux fois par an, quatre œufs de la taille d’un gros œuf de pigeon, gris roussâtre marbré de stries ondulées. Elle couve pendant 21 à 24 jours. Les petits sitôt nés, quittent le nid ; ils sont donc « nidifuges ».

Particularité du plumage. L’une des premières rémiges primaires (alule) est atrophiée et constitue un petit plumeau très fin et rigide (3 cm), autrefois recherché par les peintres pour les détails de leurs toiles, et appelé « plume du peintre ».

Alule, plume du peintre (photo Internet)

Fiente. L’excrément de la bécasse est caractéristique, large et blanc sans odeur, appelé « miroir » ; c’est un marqueur de sa présence ou de son passage.

Chasse. La bécasse est protégée en Flandre mais on peut la chasser du 15 octobre au 31 décembre en Wallonie, où on ne la considère pas comme menacée (source : Portail de la biodiversité en Wallonie).

Gastronomie. La bécasse est un met de choix. Au moment de son envol, elle « lâche son miroir », vidant complètement ses intestins. Elle épargne ainsi au chasseur, qui lui a aimablement administré une bonne dose de plomb ou d’acier, le dur labeur de l’éviscération. Au moment de la dégustation, il place une serviette sur sa tête pour humer pleinement le fumet de la bécasse.

Commentaires, amendements … ? gelura@proximus.be, M.-Ch. & J.-Fr. Misonne, https://www.gelura.be/ccr

Bibliographie : https://www.gelura.be/ccr/ccr1/ccr1-his-bibliographie

Autres : https://protectiondesoiseaux.be, Géroudet Paul. Les échassiers.