HIS Florival, historique (2) La Filature

Résumé… pour qui n’a pas le temps de lire le texte entier : En 1798, après la Révolution Française, la ruine de l’abbaye est transformée en atelier de blanchissage et de tissage de lin par la famille Cumont, puis par Claude Lemoine. En 1834. Franz-Bernhard Oldenhove rachète la filature de coton et de lin. En 1852, il donne une nouvelle extension à ses usines : 500 personnes y travaillent. En 1854 un incendie réduit les bâtiments en cendres. En 1858, le tribunal de commerce de Bruxelles déclare la filature en faillite. En 1859, le site industriel est racheté par le baron de Coullemont, qui restaure le site et obtient sa remise en activité ; il en confie la direction à Auguste, fils de Franz-Bernhard. En 1901, Tudor, spécialisé dans la fabrication de batteries électriques, rachète une première partie du site.

1794. Franz-Bernhard Oldenhove (ci-après « Franz ») nait à Aurich, en Frise Orientale (Germanie). La famille Oldenhove y cultive des terres à Emden depuis quatre ou cinq générations. Quand un raz-de-marée détruit la ferme, Franz s’établit à Anvers où il fait ses études et où il est nommé juge au Tribunal de commerce.

1798. Les bâtiments de l’abbaye de Florival sont vendus en trois lots après le saccage par la Révolution française. Le lot principal est transformé en atelier de blanchissage et de tissage de lin par la famille Cumont.

1822. Franz épouse Marie-Thérèse van Cutsem, fille de Philippe, docteur bruxellois fortuné.

Descendance (partielle) de Franz-Bernhard Oldenhove

1826-1830. Franz est naturalisé « Sujet du Royaume des Pays-Bas (entre 1815 et 1830) ». Il subbit de lourdes pertes économiques lors de évènements révolutionnaires de 1830.

1834. Franz rachète à Claude Lemoine la filature de coton et de lin de Florival.

1837. L’usine de Florival est entièrement détruite par un incendie.

1842. Grâce au soutien financier de son beau-père, Franz entreprend une grande rénovation du site industriel. Plusieurs habitations sont construites pour le personnel dirigeant et ouvrier. Des anciens bâtiments religieux ne subsistent dès lors que l’ancienne ferme abbatiale.

1850-1852. Un ouvrage intitulé « La Belgique industrielle » reprend, en deux volumes, des lithographies d’établissements industriels belges. Le second tome illustre deux lithographies « côté oriental » et « côté occidental de la filature de lin de la société « Oldenhove Eisenstuck et Cie à Florival ». (Les bâtimenst industriels « côté oriental » sont ceux entièrement détruits par le feu dans la nuit du 3 au 4 décembre 1854.)

Usines de Florival, côté oriental.
Usines de Florival, côté occidental. (Dans le fond, on aperçoit la ferme de la Malhaise, mise en évidence sur la figure suivante.)
Ferme de la Malhaise, dans la plaine au Nord-Est de la Filature. Elle sera complètement détruite par le feu en 1876.

1852-1853. Franz donne une nouvelle extension à ses usines, qui ont pour nom : « Usines de Florival sur la Dyle. Rouissage de lin, filature de lin & d’étoupes, blanchiement de toiles et de fil, Moulin à farine. Exploitées par Mess. F. Oldenhove Eisenstuck & Cie« . Ce sont ces usines rénovées qui figurent dans l’ouvrage « La Belgique industrielle ». Environ 500 personnes, surtout des ouvrières, sont employées dans des conditions de travail des plus pénibles : on y travaille 15 h/j, dimanche compris, sous le contrôle rude des contremaitres. (Ce travail particulièrement pénible est raconté dans le roman documentaire de Louis Paul Boon (1971) sous le titre de « Pieter Daens of hoe in de negentiende eeuw de arbeiders van Aalst vochten tegen armoede en onrecht ». En 1992, Stijn Coninx réalise un film d’après le roman de Boon, sous le titre de « Daens ».)

Ouvrières d’une filature à Alost  (Photo Internet)
Ouvrières et ouvriers d’une filature à Alost  (Photo Internet)
Ouvrières d’une filature en Zélande  (Photo Internet)

1854. Dans la nuit du 3 au 4 décembre, les bâtimenst industriels « côté oriental » sont une fois encore entièrement détruits par le feu.

1855. La ligne du chemin de fer Louvain-Wavre est ouverte. La gare de Florival (aujourd’hui disparue) jouera un rôle important dans le cadre de l’essor industriel de Florival.

1855. La reconstruction des installations industrielles nécessite de nouveaux capitaux alors que Franz a déjà contracté d’énormes dettes pour assurer le maintien de sa société.

1856. Le baron Charles-Florentin de Coullemont consent un prêt important à Franz mais il est trop tard pour redresser la barre.

1858. Le tribunal de commerce de Bruxelles déclare la filaure de Franz en faillite.

1859. Le site industriel de Florival et l’ensemble de ses propriétés immobilières (38 ha) sont mises en vente publique. Heureusement pour Franz, le baron de Coullemont, se porte acquéreur du tout.

1863-1864. Le baron de Coullemont finance la restauration du site industriel et obtient sa remise en activité ; il en confie la direction à Auguste Oldenhove (ci-après « Auguste »), un des fils de Franz.

1876. Le baron de Coullemont décède. Par testament, il lègue la propriété de l’ensemble du domaine de Florival et de la plupart de ses avoirs fonciers à Auguste et son frère Philippe (ci-après « Philippe »). Il s’agit d’un héritage colossal, évalué à un peu moins de 4,5 millions de francs de l’époque.

1901. Durant les dernières décennies du 19e S, Auguste et Philippe, absorbés par la gestion de leurs propriétés foncières, avaient accordé moins d’attention à leurs usines de Florival. Henri et Hubert Tudor, spécialisés dans la fabrication de batteries électriques, investissent une première partie du site industriel avant d’en occuper la totalité après la guerre 14-18.

Commentaires, amendements… ? gelura@proximus.be, M.-Ch. & J.-Fr. Misonne, https://www.gelura.be/ccr

Bibliographie : https://www.gelura.be/ccr/ccr1/ccr1-his-bibliographie

En particulier : Vers l’Avenir, Joseph Tordoir. Communications personnelles de François-Bernard Oldenhove de Guertechin (arrière-petit-fils de Franz-Bernhard Oldenhove) et de son fils Léon-Hubert