NAT Dix Prunus, dont les meillleurs et… un indésirable

Devant un arbre fruitier qui nous est « familier » (pommier, poirier, prunier…) « sans fruits », nous pouvons nous poser la question de savoir s’il s’agit d’un pommier, poirier, prunier… ou autre.

Pas de honte à ça ! Nous sommes sans doute bien nombreux à nous poser ce genre de question ! Cherchons donc quelques petits « trucs » pour nous y retrouver.

Avant tout, les pommiers, poiriers, pruniers… font tous partie de la famille des Rosacées (comme les roses bien sûr).

Qui dit « Rosacée » dit (généralement) « cinq pétales ». Si vous observez les fleurs de ces arbres, vous compterez 5 pétales (généralement blanches) !

Jadis, on regroupait les Rosacées en trois groupes « faciles à comprendre » d’après leurs fruits : les fruits à noyau (ex. prune), les fruits à pépins (ex. pomme) et les fruits ne ressemblant à ni l’un ni l’autre (ex. mûre (ou plutôt « mûron »), fruit de la ronce).

Parlons du groupe « fruits à noyaux« , que nous connaissons si bien. La plupart ont pour nom latin** « générique » Prunus.

**Rappel peut-être utile. Chaque espèce (animal, champignon, plante…) est désignée par une combinaison de deux mots : genre (ex. Homo) + épithète ou espèce (ex. sapiens).

Exemples de Prunus (abrégée ci-après par son initiale « P.« , que nous retrouvons si souvent dans nos assiettes : P. armeniaca = abricot, P. avium ou P. cerasus = cerise, P. domestica = prunes (reines-claudes, mirabelles…), P. dulcis = amande, P. persica = pêche.

Comment savoir si on a affaire à un « Prunus » ?

Nous connaissons tous le bouleau (qui n’a rien à voir avec le genre Prunus, ni sa famille) et son écorce blanche bien sûr ; elle se détache en lanières horizontales. Les Prunus ont, comme lui, des écorces lisses qui se détachent en lanières horizontales. Vous voilà parés.

Prunus : écorce se détachant en lanières horizontales (Internet)

Si l’arbre du verger possède une écorce lisse « à l’horizontale » il y a fort à parier qu’il s’agit d’un Prunus. Et dans le cas contraire, ce peut être un pommier, un poirier… donc d’un autre genre que Prunus !

Des Prunus « sauvages », vous en rencontrez un peu partout le long du Circuit Chapelle Robert à Pécrot :

  • Le prunelier OU prunier épineux OU épine noire = P. spinosa, reconnaissable à ses épines (spinosa) et fleurissant avant de développer des feuilles.
Le prunelier et ses aiguillons (Internet)
  • Le merisier OU cerisier des oiseaux OU cerisier sauvage = P. avium, reconnaissable à ses fleurs et fruits isolés ou groupés par bouquets de 2 à 4, de même que 2 glandes rougeâtres au sommet des pétioles de feuilles.
Le merisier et ses glandes rouges (Internet)
Prunus avium, fleur et fruit (Internet)
  • Cerisier à grappes OU merisier à grappe OU bois puant = P. padus, reconnaissable à ses fleurs et fruits en grappes simples, allongées et pendantes, son écorce dégage une odeur fétide désagréable, ses feuilles souples à 8-14 paires de nervures latérales, 2 glandes au sommet des pétioles de feuilles.
Le cerisier à grappes, ses 8-14 paires de nervures latérales et ses glandes. (Internet)
Prunus padus, fleur et fruit (Internet)
  • Cerisier tardif = P. serotina, assez proche de P. padus dont il se distingue par ses feuilles un peu coriaces très luisantes sur la face supérieure, comptant 20-35 paires de nervures latérales, saillantes à la face inférieure, pas de glandes au sommet des pétioles de feuilles.
Le cerisier tardif et ses 20-35 paires de nervures latérales, et son absence de glandes. (Internet)
Prunus serotina, fleur et fruit (Internet)

Point important concernant le Cerisier tardif. Il s’agit d’un arbre invasif, peu apprécié car il colonise les milieux en empêchant le développement d’autres arbres indigènes. Avant d’arriver à la chapelle Robert, on le voit en très grand nombre sur la droite de la route, où il a pris de l’extension suite à une coupe à blanc de ce bois vers 2015. C’est donc lui qu’on appelait « l’indésirable » dans le titre de ce paragraphe. En Flandre, on tâche d’ailleurs de l’éradiquer totalement.

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