ARC Église Saint-Antoine

(Merci à Dieudonné Ilunga, curé de St-Antoine,  Mme Françoise Debras et Mme Bernadette Pièrre.)

Construction : L’architecte Moreau dessine les plans de l’église dans le style néoclassique roman en forme de basilique à trois nefs avec abside à trois pans dont les angles sont arrondis. Elle date de 1841 mais le  premier curé n’est nommé que le 19.09.1857 : il s’agit de Théophile Anciaux, originaire de Néthen, où il réside en attendant la construction de la cure en 1860.

On accède à l’église par une rampe très raide.

Église Saint-Antoine de Pécrot et la cure.

St-Antoine : Pécrot devient une paroisse indépendante. À la demande de 119 habitants du village, elle reçoit pour saint patron : « Saint-Antoine l’Ermite ». À cette époque, les deux professions les plus courantes sont celles de maçon et agriculteur. C’est pour ces derniers qu’est choisi Saint-Antoine, protecteur des animaux… en particulier l’espèce porcine. De fait, la légende lui attribue comme compagnon un porc, d’où l’expression « le compagnon de saint Antoine »… qui désigne le cochon. En Italie, on l’appelle Antonio del porco, « Antoine des cochons ». Il est le saint patron des charcutiers et des brossiers (vu qu’on utilisait des poils de cochons pour confectionner des brosses).

Fresque et Statue de St-Antoine. À remarquer : Les animaux et en particulier le cochon (notamment à gauche de la statue), Antoine-abbé (enseignant les jeunes) et la « tentation ».

St-Antoine l’Ermite est encore appelé « St‑Antoine le Grand » ou « Antoine d’Egypte » ou « Antoine du Désert ». Ses attributs sont les animaux sauvages, la cloche, le cochon domestique, le livre et la Croix de St-Antoine. On l’invoque dans certaines régions contre les maladies de peau.

Saint-Antoine naît en 251 au sein d’une famille chrétienne en Égypte, sous occupation romaine. Le culte de l’empereur tient donc une place prépondérante. Si certains habitants font des concessions aux Romains pour maintenir leur statut, d’autres leur tiennent tête, comme p.ex. un ermite qu’Antoine admire beaucoup.

À 20 ans, ses parents meurent et Antoine hérite de nombreux biens, qu’il vend au profit de sa sœur, et se retire dans le désert en compagnie de son ami l’ermite. À 34  ans, il s’établit dans un fortin romain abandonné à Pispir mais n’y trouve pas la solitude tant recherchée ; des jeunes disciples lui demandent en effet le leur enseigner le Christ. À 55 ans, il finit par accepter d’être leur abbé (on l’appelle parfois « St-Antoine-abbé »). Pendant ce temps, les persécutions de l’empereur Maximin ravagent le pays.

Cloturons cette évocation par les « Tentations de St-Antoine » très bien illustrées sur la fresque du bas-autel de droite. Le diable tente de débaucher Antoine lorsqu’il vit dans le désert… mais celui-ci résiste à la tentation. V. https://www.facebook.com/groups/CNBBW/permalink/463439021555188/

Architecture et description de l’église St‑Antoine :
La tour est bâtie en façade et est surmontée d’une pyramide tronquée.

Le chœur et la nef principale (vaisseau central) sont couverts d’une voûte en berceau. Le plafond des collatéraux est horizontal. A la base des bas-autels se trouvent des niches avec les statues de la Vierge (à gauche) et de Saint Antoine (à droite).

Nef centrale, chœur et bas-côtés.

La fresque du chœur date de 1946. L’artiste en est Jef Colruyt, de Hal. Elle représente le village par un matin de printemps : les enfants vont à l’école, la ménagère ainsi que le laboureur et le maçon entament leurs travaux… Tous offrent leurs occupations journalière à un grand Christ planté sur la colline et entouré de la Vierge et de St‑Jean. Les garçons et les fillettes sont des portraits authentiques. La vue générale du village est une représentation du panorama que l’on voit du quartier flamand, rue A. Snaps.

Fresque de J. Colruyt. Adultes, de gauche à droite : l’abbé Cremers (curé de la paroisse entre 1945 et 1969), Mme Jean Pièrre (portant sa fille Anne-Marie), (Vierge & Christ), Marie-Claire Serré, Auguste Hercman (propriétaire du cheval de trait). Enfants, de gauche à droite : Yvonne Cassart, Jacqueline Cremers (nièce du curé), Guillaume Peeters, Auguste Theys).

Deux confessionnaux en bois de chêne de style Louis XIV (ou Louis XVI selon les sources) sont logés de part et d’autre de la nef (ou des collatéraux).

Un des deux confessionnaux.

Un chemin de croix d’Eldström a été placé par l’orfèvre Holemans de Bruxelles en 1946.

Chemin de Croix. Dixième station : Jésus dépouillé de sa tunique.

Vitraux : L’église St-Antoine abrite six vitraux dans les collatéraux.

Six vitraux : Abraham (sacrifice d’Isaac), Moïse et les Dix Commandements, Salomon et la reine de Saba, Les Rois Mages, Sermon sur la montagne, Jésus en croix.

L’orgue : (Source : Chaklin, M. Le Soir 03.05.2000. Office de Tourisme de Grez-Doiceau.)

Orgue de l’église St-Antoine de Pécrot.

L’orgue a été construit en 1768 par le facteur  d’orgues Pieter Van Peteghem pour  l’église Sainte-Catherine de  Lombeek. En 1894, Augustin Verhulst (de  Herent) l’achète et le modifie, sans toutefois le défigurer. En 1896, il le vend à l’église de Pécrot.  L’instrument a gardé des  éléments d’origine comme le  buffet, le sommier et la  soufflerie à six jeux qui lui  confèrent une belle valeur. Il est d’ailleurs classé comme  Monument, par un arrêté ministériel du 26.06.2001.

 Le matériel sonore est de qualité et les jeux anciens qui  s’y trouvent présentent un  caractère affirmé. Le buffet en chêne est d’origine et contient tous les  mécanismes et les tuyaux de l’instrument.  La soufflerie est composée de deux  soufflets cunéiformes fonctionnant avec trois bras de levier.  La clavier est composé de 56 touches et le pédalier comporte 32 notes.  Les tuyaux, éléments essentiels de l’orgue, sont en étain, en étoffe (mélange de plomb  avec 20 % d’étain) et en chêne.

Le clocher et les cloches : En 1944, les Allemands volent la cloche de 80 kg. Elle est remplacée en 1949 par la « Cloche Régine », qui pèse 421 kg et qui sonne  le la dièse. Son fondeur est A.L. Van Aerschodt. Elle porte pour inscription : « A L VAN AERSCHODT […] REGINE […] JE RAPPELLE QUE LA REINE DE LA PAIX PROTEGE LA PAROISSE DE PECROT OU ELLE BENISSE TOUS CEUX QUI ONT CONTRIBUE A ME RENDRE LA VOIX SPECIALEMENT MARIE HENRIETTE CLINQUART MA MARAINE ET JOSEPH DRAYE MON PARAIN TOUSSAINT 1949 » (N.d.l.r. Nous n’avons pas pu « lire » cette dernière mention « Toussaint 1949 » et doutons de son exactitude puisque A.L. VAN Aerschodt est décédé en 1888. Auquel cas, cette cloche viendrait d’une autre église, tout comme sa voisine « St-Michel ».)

La plus grande des deux cloches de St-Antoine : REGINE.

L’ancienne cloche ébréchée est remplacée par la cloche Michel qui pèse 306 kg. Son fondeur est Jan Cauthals. Elle porte pour inscription : « […] S MICHEL DELIVRER NOUS DE TOUT ORAGE ET TEMPESTE INTERCEDER POUR DAME IENNE NOBILI DAME DE SIMELETTE ETE MA MARAINE ET POUR SIEUR MASIMILIEN LEROY MON PARAIN M IAN CAUTHALS ME FECIT MECHLINIA MDCXXXVIII. » (N.d.l.r. c.-à-d. : 1638. Il s’agit donc d’une cloche récupérée d’une autre église. De fait Jan Cauthals était originaire de Malines (Mechlinia) où il est décédé en 1940.)

La moins grande des deux cloches de St-Antoine : St-Michel

Destruction durant la guerre 40-45 : Trois obus éclatent et endommagent les maçonneries, la toiture, le pavement, les vitreries et le mobilier. La restauration de l’église se fera en plusieurs phases. L’abbé Cremers y donne beaucoup de sa personne… et de ses économies, tout comme pour la Chapelle Robert.

Commentaires, amendements … ? gelura@proximus.be, M.-Ch. & J.-Fr. Misonne, https://www.gelura.be/ccr

Bibliographie : https://www.gelura.be/ccr/ccr1/ccr1-his-bibliographie

Principale source bibliographique : Abbé André Cremers.