HIS Chemins des pèlerins

($$$ Merci aux aînés des Pécrotis de nous rapporter ce que leurs aïeux ont pu leur raconter à ce sujet. Ainsi qu’à Ernst Gülcher pour ses indications concernant les chemins de pèlerinage.)

Au bout de la rue de la Chapelle Robert (pour ne pas dire « au début » puisqu’on est au n°1), on se retrouve à un (petit) croisement : derrière nous = « rue de la Chapelle Robert », à gauche = « rue Snaps », à droite = « rue de l’Abbaye » et en face = « chemin des Étiques ».

D’où vient donc le mot « Étiques » ? Du grec εκτικός ‘ektikos » = « continue (fièvre-) ». Il a donné le mot latin ‘hecticus = « totalement consumé ». Puis, progressivement, le français ancien ‘hectique’, ‘ectique’ et ‘éthique’ = « atteint d’une extrême maigreur. Le « chemin des Étiques » signifie en quelque sorte : « chemin des Misérables ».

Sur le plateau  Pécrot – Bossut, on retrouvait quelques chemins de pèlerinage (voir carte ci-dessous) : chemin des Étiques (les misérables), chemin de Malhaise (malhaise = malchance, d’où « frappé par la malchance », chemin dit Rechtstraet  (peut-être dû au fait qu’en venant de l’abbaye de Florival, on « tournait à droite » à la chapelle Robert).

Jadis à Pâques ou lors d’autres fêtes chrétiennes, les croyants faisaient des pèlerinages d’une abbaye à l’autre de leur région (dont bien sûr l’abbaye de Florival) afin de confesser leurs péchés et de d’implorer le pardon. Les chemins qu’ils empruntaient recevaient dès lors des noms « misérables » (étiques, malhaise…).

Le monde paysan n’y était pas étrange vu les aléas des récoltes, dont dépendaient le bonheur et le malheur de la population. De fait à cette époque, les gens étaient très dépendants de l’agriculture.

Le plateau entre Pécrot et Bossut est fertile grâce à son sol limoneux (voir ailleurs l’explication consacrée à la géologie de Pécrot) ; la rue de la Chapelle Robert sépare d’ailleurs la zone sableuse (vers Pécrot) de la zone limoneuse (vers Bossut).

Quand il faisait très froid ou trop venteux, quand il faisait trop sec ou au contraire trop pluvieux à des époques délicates, quand les maladies (mildiou…) ou les ravageurs (doryphore…) décimaient les récoltes, la population en souffrait particulièrement.

C’est la raison pour laquelle les noms des Saints régionaux sont souvent liés à l’agriculture, aux maladies des hommes ou du cheptel.

Il est utile de rechercher l’origine des (anciens) noms de rues et de chemins, souvent liés à des circonstances locales.

Après la guerre 40-45, de nombreuses rues ont étés rebaptisées en souvenir de villageois morts pour la patrie. Voici quelques noms actuels et anciens (±1860) de quelques rues de « Pécrot » (soulignons qu’une partie du territoire repris sur cette carte se trouve à Bossut (à l’Est) et une autre à Néthen (au Nord).

Anciens noms de rues de Pécrot et environs.

Le chemin de la Chapelle Robert 1) montait du pont du chemin de fer jusqu’à la chapelle Robert (l’actuelle rue C. Cherpion), 2) d’où elle bifurquait sur la gauche (première partie de l’actuelle rue de la Chapelle Robert).

Le chemin dit Rechtstraet 1) montait de la gare de Florival jusqu’à la chapelle Robert (actuellement une partie « sans nom » dans le bois + la seconde partie de l’actuelle rue de la Chapelle Robert), 2) d’où elle bifurquait à droite (origine du mot Rechtstraet ?) vers Bossut (actuelle rue de la Malhaise) jusqu’à « l’arbre du rendez-vous** », 3) continuait vers Bossut jusqu’au chemin traversant les champs (grande partie de l’actuelle rue F. Labby) 4) et traversait les champs vers le Nord de Bossut (chemin sans nom).

La chaussée était située sur l’actuelle rue L. Vanmeerbeek.

Le chemin de Pécrot était situé sur l’actuelle rue C. Wauters.

Le chemin des Prairies était situé sur l’actuelle rue A. Snaps + l’actuelle rue de l’Abbaye.

Le chemin de la Bruyère montait de la gare de Florival jusqu’à la Ferme de la Malhaise (aujourd’hui disparue).

Le chemin de Malhaise allait de la Ferme de la Malhaise (aujourd’hui disparue) jusqu’à l’arbre du rendez-vous** et se prolongeait ensuite vers le Nord-Ouest.

Etc… : Verte Voie, chemin des Meuniers, Droite.

(**Un orme hélas mort en 2020 suite à des dégâts d’orage en ±2000 + la sécheresse de 2018 + les travaux de rénovation de la route.)

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