NAT Le scolyte de l’épicéa

Au bout du chemin longeant la prairie, observons tous ces épicéas dépéris. Un bien triste spectacle qu’on voit dans de nombreux pays.

Celui qui va voir de plus près et observe l’écorce verra qu’elle est parsemée de petits trous comme ceci :

Trous forés par les scolytes dans l’écorce d’épicéas (Internet)

En retirant un bout d’écorce, il verra un « dessin » très régulier qui peut ressembler à ceci :

Galeries creusées par les « vers » (ips) du scolyte dans le liber de l’épicéa (Internet)

À qui la faute ? Il s’agit d’un minuscule insecte de l’ordre des coléoptères (celui des coccinelles et de milliers d’autres insectes), appelé « scolyte de l’épicéa » ou « bostryche typographe », Ips typographus en latin. Voici l’insecte adulte :

Scolyte de l’épicéa (Internet)

L’adulte pond ses œufs et les nombreuses larves (ou « vers », appelé « ips » en grec, d’où leur nom latin), une fois sorties, se mettent à creuser des galeries dont les motifs évoquent la typographie (procédé utilisant des caractèrs en relief pour l’impression de textes avant l’utilisation de nos ordinateurs), d’où l’épithète spécifique (« typographus ») de cet insecte.

Exemple de typographie (Source template.pro/ formations- typographie- 2017- france)

Ces galeries dans le « bois sous l’écorce », appelé « liber » empêchent la sève de monter dans l’abre, le tuant progresssivement.

Cette catastrophe, tant écologique qu’économique, est appelée épiphytie. Pourquoi ce nom ? A l’heure du Coronavirus où chacun connait le mot « pandémie » (pan = « tous » + démos = peuple » = « tous les peuples »), précisons que le mot « épiphytie » (épi = « sur » + phytos = « plante = « sur toutes les plantes ») concenre un nuisant qui atteint rapidement un grand nombre de végétaux de la même espèce. Dans notre cas, le « nuisant » est le scolyte et l’espèce atteinte est l’épicéa.

L’épicéa n’est pas un arbre indigène de la Belgique (contrairement à l’if p.e.). Il ne pousse de façon naturelle et spontanée qu’en montagne au-dessus de 400 m en Europe moyenne et méridionale.

Vu sa productivité, on l’a planté de façon massive dans notre pays. En Wallonie, 40% de la forêt sont des résineux, et 2/3 de ceux-ci sont des épicéas. Une telle densité ne peut qu’être préjudiciable en cas d’épiphytie. En outre, le scolyte à l’origine de cette épidémie, lui-même exotique (c.-à-d. « non indigène »), n’a pas d’ennemis naturels, d’où les ravages qu’il provoque.

Une fois de plus, ceci démontre que nos pratiques économiques, dictées par un profit maximum,  finissent pas se retourner contre nous.

A la fin du chemin, prendre à droite en suivant l’indication « Pécrot », marcher 20 mètres et tourner à gauche en direction de la gare de Pécrot.

Commentaires, amendements … ? gelura@proximus.be, M.-Ch. & J.-Fr. Misonne, https://www.gelura.be/ccr/