NAT Le renard… partenaire ou adversaire ?

Dessin de Marie-Christine Misonne

Chacun aura compris que le renard « ne se retrouve pas qu’en cet endroit précis du CCR (Circuit Chapelle Robert) ». On peut le voir partout, surtout en soirée. Et puis… pour en parler, il fallait bien lui trouver une petite place, non ?

Quand nous étions étudiants à Louvain (ou plutôt à Leuven), notre professeur d’Écologie, Jean Lebrun, nous racontait cette belle histoire, la terminant par cette expression italienne : « Se non è vero, è ben trovato » (« Si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé »).

« Quelque part au Texas, un « rancher » vit de son élevage de moutons et de sa culture de choux. Tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes… sinon que des coyotes viennent occasionnellement lui chaparder un agneau. Courroucé, l’éleveur abat jusqu’au dernier des coyotes. Satisfaction dans un premier temps : ses moutons prospèrent. Affolement dans un second temps : les lapins se multiplient de manière exponentielle et lui dévorent tous ses choux. Il réalise que cette situation est le résultat de l’éradication des coyotes, qui se nourrissaient essentiellement de lapins et très rarement de moutons. Pour rétablir cet équilibre, le « farmer » réintroduit des coyotes. Des coyotes « étrangers » qui n’ont cure des lapins, leur préférant de loin les moutons. Si bien que notre éleveur-horticulteur se voit dépourvu ET de ses moutons, proies de coyotes, ET de ses choux, pitance des lapins. Tombé en faillite, il est contraint de mettre la clef sous le paillasson. »

Certes, les renards ne sont pas les meilleurs amis des chasseurs, parce qu’ils leur dérobent le gibier qu’ils considèrent comme « leur propriété ». Nous apprécions l’expression d’un ami néthenois, initiateur de la permaculture à Grez-Doiceau quand il déclare : « Dix pourcents de mes productions horticoles nourrissent les limaces, mais je considère que cette part leur revient car elle contribue à l’équilibre de notre écosystème ».
Tout naturaliste ‑ et ce y compris le chasseur réfléchi ‑ sait que le renard fait partie de notre équilibre environnemental. S’il lui arrive de se farcir un lièvre, voire une de nos poules, il se nourrit de quelque 5.000 petits rongeurs par an (mulots, rats, souris…).
Il en est de même dans le monde agricole, où certains agriculteurs voient d’un bon œil une nichée de busards dans leurs céréales, au point d’y laisser une zone non moissonnée, conscients que ces rapaces chassent annuellement ±2.000 rongeurs, autant de nuisants en moins pour leurs cultures.

Commentaires, amendements … ? gelura@proximus.be, M.-Ch. & J.-Fr. Misonne, https://www.gelura.be/ccr