NAT Les lamiers ne sont pas des orties

Souvent, on entend dire : « L’ortie est en fleur, donc, elle ne pique pas ». FAUX ! Il ne s’agit pas de mêmes plantes… qui ne font même pas partie d’une même famille.

Les lamiers font partie des Lamiacées tandis que l’ortie fait partie des Urticacées. Les lamiers ne piquent pas, les orties si.

Leurs feuilles se ressemblent mais celles de l’ortie sont recouvertes de poils urticants, celles des lamiers en sont dépourvues.

En Belgique, nous rencontrons plusieurs espèces de lamiers, dont : le blanc, le jaune, le pourpre, l’amplexicaule…

Lamiers blanc, jaune et pourpre. (Photos M.-Ch. & J.-Fr. Misonne)

Le nom lamier provient du latin ‘lamium’, lui-même dérivant du grec ‘lamios’, désignant le gosier, en référence à la forme des fleurs « à gueule grande ouverte ».

Dans la mythologie grecque, Lamia était l’amante de Zeus. La femme de celui-ci, Héra, jalouse, décida de tuer leur enfant illégitime.

Lamia, inconsolable se transforma en ogresse qui mangeait les enfants des autres ! Les lamiacées doivent leur nom à cette dévoreuse car leurs fleurs ont une forme de gueule ouverte qui semble avaler les butineurs qui la visitent.

Les Lamiacées sont des « pentamères », ç.-à-d « cinq parties » (sépales, pétales…).

Les fleurs sont disposées autour de la tige en cercle (verticille) et en étage.

Le calice réunit les cinq sépales pour former un tube terminés par cinq dents.

La corolle réunit cinq pétales pour formee deux lèvres. La lèvre supérieure, composée de deux pétales soudés, constitue « le casque ». La lèvre inférieure, composée de trois pétales soudés, constitue une « belle piste d’atterrissage » pour les insectes qui viennent se gaver du nectar au fond de la fleur. Les 4 étamines sont soudées à la lèvre supérieure, de sorte que les insectes vont de frotter à celles-ci, se charger de leur pollen, puis iront visiter une autre fleur et la féconder.

Corolle du lamier jaune : 2 pétales soudés formant la lèvre supérieure (appelée « casque ») et 3 pétales soudés formant la lèvre inférieure. (Photo M.-Ch. & J.-Fr. Misonne)

Les tiges des lamiers ont une section carrée.

  • Lamier jaune, Lamium galeobdolon.

Plante vivace.

Galeobdolon (<°Gr γαλεός ‘galeos’ « belette » + βδεω ‘bdéo’ puer » = « puer comme une belette ») fait référence aux feuilles qui dégagent une odeur désagréable lorsqu’on les froisse.

Les feuilles sont vertes avec des taches blanc argenté. Il s’agit en fait de la variété horticole ‘argenteum’ qui s’est échappée des jardins et qui s’est très bien acclimatée. Ces taches argentées sont dues au fait que la pellicule supérieure n’adhère pas complètement au tissu de la feuille et que l’air compris entre les deux couches réfléchit la lumière.

  • Lamier blanc, Lamium album

Plante vivace.

Les fleurs ont une odeur agréable de miel… qui ferait fuir les doryphores dans les champs de pommes de terre. Le tube des fleurs de ce lamier est gorgé d’un nectar très sucré. C’est la raison pour laquelle les fleurs de lamier blanc attirent les autres insectes… mais également les enfants qui aiment les sucer.

  • Lamier pourpre, Lamium purpureum

Plante annuelle.

C’est l’une des premières fleurs sauvages de l’année ; sa présence est précieuse pour les premiers insectes butineurs de la saison. Ses fleurs sont beaucoup plus discrètes que celles de ses congénères. Son odeur est poivrée.

Ses fruits qui sont des tétrakènes (« quatre (graines appelées) akènes »), contiennent des huiles appréciées par les fourmis pour nourrir leur couvain : ce sont d’ailleurs elles qui assurent la dissémination de cette plante annuelle. Ce lamier colonise les terres nues des potagers durant la mauvaise saison et disparait en temps voulu, c.-à-d. pour les plantations. Les Anglais l’appellent ‘purple angel’ « ange pourpre » parce que ses feuilles opposées ressemblent à des ailes.

  • Lamier amplexicaule, Lamium amplexicaule

Plante annuelle.

Amplexicaule (<°Lat. « amplexus’ « qui embrasse » + ‘caulis’ « tige » = « qui embrasse la tige ») signifie que les feuilles supérieures sont presque soudées deux par deux, « embrassant » la tige.

Certaines de ses fleurs, de couleur rouge violet,  et sans pédoncule ne s’ouvrent pas et s’autofécondent, d’autres s’ouvrent mais sont stériles… « Bizarre… vous avez dit bizarre ? ».

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