NAT Oiseaux d’eau de l’étang

Les oiseaux aquatiques observés à l’étang de Pécrot appartiennent à plusieurs familles. (Pour ceux que la taxonomie et l’étymologie intéressent, voir le lien suivant : NAT Classification et étymologie des oiseaux d’eau de l’étang – Gelura).

On observe hélas moins d’espèces à Pécrot qu’au Grootbroek, situé un peu plus au Nord… Ou plutôt, on en « observAIT » moins, car le Grootbroek a subi une telle sécheresse depuis quelques années, que les oiseaux aquatiques le désertent.

Grootbroek au Nord de l’étang de Pécrot

Raison de ce manque de diversité ?
1) Bernaches beaucoup trop nombreuses. Elles « squattent » les lieux de nidifications d’autres oiseaux aquatiques, empêchant les canards plongeurs de nicher ; mais elles favorisent également l’eutrophisation de l’eau par leurs fientes.
2) Carpes en surnombre dans l’étang de Pécrot. Elles broutent la végétation et remuent la vase.

Anatidae : C’est la famille la mieux représentée. On y retrouve les « canards de surface », les « canards plongeurs », les « cygnes », les « oies » et les « tadornes » qui sont intermédiaires entre les oies et les canards.

Oies : L’oie la plus présente est la bernache du Canada ; hélas car il s’agit d’une espèce invasive, à l’instar de l’ouette d’Égypte, qu’on observe régulièrement. L’oie cendrée et l’oie des moissons, bien qu’indigènes, se voient plus rarement ici.

Différence entre les canards « de surface » ou « plongeurs » ?

Canards de surface : Ils barbottent pour se nourrir. Ils ont le corps horizontal. Pour s’envoler, ils décollent à la verticale. Ex. colvert, souchet…

Canard de surface (au dessus, ex. colvert) et canard plongeur (en dessous, ex. fuligule morillon) (Dessin MCM)

Canards plongeurs : Ils plongent pour se nourrir. Ils ont le corps dressé. Pour s’envoler, ils prennent leur élan (ils courent sur l’eau). Ex. Fuligule milouin, fuligule morillon, nette rousse…

Le fuligule morillon est un canard plongeur « bien de chez nous ». La tête du mâle est ornée d’une huppe pendante sur la nuque, le bec est gris avec le bout noir et le corps est noir avec les flancs blancs, ses yeux sont jaunes. Son menu consiste en des mollusques, insectes aquatiques (libellules), poissons, crustacés… Les pêcheurs de Pécrot l’ont-baptisé « l’emmerdeur ». Pourquoi donc ? Parce qu’il se précipite sur les appâts jetés dans l’eau pour attirer les poissons. Plus fort encore, il ne craint pas de se précipiter sur les hameçons des cannes à pêche pour les délester de leur appât. Un jour… un pêcheur, pensant avoir fait une belle prise, a eu comme drôle de surprise de remonter un morillon au bout de sa ligne…

Fuligule morillon (peinture de Marjolaine Visart de Bocarmé)

Podicipetidae : Le grèbe huppé est un visiteur régulier de l’étang. On le voit plonger dans l’eau pour réapparaitre plusieurs mètres plus loin. C’est toujours un plaisir de le voir nager, portant ses jeunes sur son dos.

Rallidae : La foulque macroule est presque toujours présente sur l’étang ; ses poussins à la tête rousse sont tout de suite reconnaissables. La poule d’eau est beaucoup plus discrète que la foulque, mais on peut la voir dans l’étang, mais surtout dans la rivière qui longe l’étang, la Marbaise. De l’autre côté de la Marbaise, on peut entendre, si on a beaucoup de chance le cri du râle d’eau : un cri de cochon qu’on égorge.

Ardeidae : Cette famille fait partie des grands échassiers dont les représentants volent avec le cou replié entre les épaule (tous les autres (grue, cigogne, spatule…) volent avec le cou tendu). Le héron cendré est très souvent présent sur l’étang.

Héron cendré (Dessin de Marie-Christine Misonne, Echelkuil)

On y voit de plus en plus régulièrement la grande aigrette. Quant au butor étoilé, on ne l’y voit pas mais on peut l’entendre dans les roselières au-delà de l’étang.
Bon à savoir : Qui dit BUTOR… dit trois fois TAUREAU ; voici pourquoi. Son cri fait penser à celui du taureau qui mugit et qu’on entend à des centaines de mètres. Son nom BU-TOR vient du grec ‘bous’ qui signifie taureau ET du latin ‘taurus’… qui signifie bien sûr taureau.

Ciconiidae : Dans les prairies environnantes, on peut observer la cigogne blanche ; on l’a aperçue sur le toit d’une maison…

Alcedinidae : Terminons par le plus beau de tous, le martin-pêcheur qu’on voit passer comme une flèche bleue métallique au-dessus des plans d’eau. Un véritable plaisir pour les yeux.

Commentaires, amendements … ? gelura@proximus.be, M.-Ch. & J.-Fr. Misonne, https://www.gelura.be/ccr/